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une tentative de blog par Luis Ferrari
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Pélérinage II

admin | 3 septembre 2010

A coté de la fontaine, près de l’église on ne peut rater le séchoir à jambons de Mecina Bombaron. La boutique n’est guère engageante vue de l’extérieur pas davantage que ne l’est le petit panneau indiquant de sonner pour qu’on vienne ouvrir.

A quelques mètres de là un portail est grand ouvert, on aperçoit des jambons suspendus et deux hommes et un enfant qui discutent. La tenue blanche de travail de l’un d’entre eux me laisse espérer qu’il travaille là. Il est un peu plus de midi. Je m’approche d’eux, me fais confirmer que l’homme en blanc travaille là et lui demande à quelle heure il ouvre pour acheter un jambon. « Vers 18 heures ».  Avant de m’éloigner je leur demande s’il est possible de rentrer dans l’église. Ils se regardent, se demandent quel jour on est… Mercredi. Ah oui vers 19h les femmes vont arriver pour la messe…

Je les remercie et m’éloigne. L’homme en blanc m’interpelle. « Tu serais pas argentin? »

Je souris. C’est vrai ici aussi je suis un étranger. « Oui je suis argentin, mais mon grand-père est de Mecina Bombaron ». Étonnement à peine voilé, et curiosité remplacent une retenue légèrement déplaisante.

« Quand est-il parti? »

« Il y a cent ans! »

« Pfiou, cent ans. Et tu connais encore du monde ici? » s’enquiert l’homme en blanc.

« Non, personne. Mes parents sont venus dans les années soixante, je crois qu’ils ont encore rencontré des parents qui se souvenaient de mon grand père. Mais tout cela est loin ».

L’autre homme qui n’avait trop rien exprimé sauf en ce qui concerne l’église dit avec un temps de retard, comme s’il finissait de compter « cent ans? Mais alors il n’a pas connu la guerre ?! Il n’a pas connu El Caudillo!! »

« Non et en plus il avait huit ans quand il est parti ».

On continue à échanger, avec l’homme en blanc, curieux du nom du grand-père, regrettant que je ne connaisse pas son « Apodo », son surnom. Il me fallait au moins le deuxième nom pour savoir de quelle branche des Lopez il était. Je m’engage a demander à ma mère avant de revenir le soir prendre le jambon.

Avant de partir, l’autre homme me lance avec un grand sourire « Bah c’est pas trop grave, la-bas il a connu le Général Péron… il était pas trop mal çui là, non plus. »

Second degré? Provocation ? Nostalgie? A 18 heures ni lui ni l’enfant seront là. L’homme en blanc est bien à l’heure. Je choisis mon jambon. Lui indique que j’ignorais l’apodo de mon grand-père, parti si jeune, mais que la bas on l’appelait « el gringo » et qu’il était Lopez Lopez (ce qui indique qu’il n’a pas « connu » son père). Il s’engagea à interroger les anciens du village, dont son père – 86 ans. En me disant son nom, Romera, je lui indiquais que Mon grand-père avait épousé en Argentine Doña Teresa Romera, née sur un bateau dans les eaux territoriales brésiliennes, mais dont les parents étaient des alpujarras aussi. Assez vite on découvrit que nous connaissions tous deux des Manzano (principaux occupants du cimetière de Mecina) qui  avaient migré à Tupungato et qui étaient nos parents éloignés communs.

Avec mon épouse et mes amis nous quittâmes Mecina Bombaron. Je partais satisfait. Avec ce curieux sentiment de faire partie de l’humanité et de n’être plus l’étranger que j’étais en arrivant. Un dernier regard à l’Église pensant a ceux qui disent qu’on descend toutes et tous d’un seul couple. C’était  après l’expulsion du paradis, avant l’invention des frontières.

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Pélérinage

admin | 2 septembre 2010

Je reviens d’Andalousie. Il y a 100 ans environ, mon grand-père Don Rafaël Lopez Lopez quittait avec sa mère son Andalousie natale. Il était né à Mecina Bombaron, petit village des Alpujarras dans la province de Grenade. Il était âgé de huit/neuf ans. C’est l’âge que j’avais lorsque j’arrivais en Allemagne quittant ma ville de Mendoza.

Je ne sais pas grand chose de mon arrière grand mère. Ni de ses motivations. On peut les deviner. Mais ce faisant on passe probablement à coté de sa vérité. J’ignore tout de mon arrière grand père qui ne reconnut pas son enfant. Au cimetière de Mecina Bombaron je ne pus m’empêcher devant quelques tombes de m’interroger sur le « salaud ».

Je ne sais non plus ce que pouvait penser mon grand-père à huit ans, quittant ce village haut-perché pour une terre lointaine et  inconnue. Éprouvait-il de la peur? de la curiosité? Une insouciance infantile et l’inconscience de l’irréversibilité du voyage? C’est ce que j’éprouvais en réalité. Le reste n’est que construction postérieure.

Mais au-delà de la route, de la ressemblance des paysages avec la province d’accueil que fut pour lui Mendoza, du jambon acheté dans le village même à un lointain cousin assurément (du coté de ma grand-mère), ou du savoureux lapin aux escargots, de la petite église restée « immense » dans le souvenir de mon grand père, ou du cimetière inauguré l’année de naissance de mon grand père, le souvenir impérissable qui restera, c’est de m’être baigné dans la piscine municipale du village… comme un natif.

Mon grand-père me manque. Non seulement depuis qu’il est décédé. Mais durant toutes ces années où la politique me priva de sa présence alors qu’il était en vie et en pleine forme.

Je n’avais fait auparavant qu’un autre « pèlerinage », je suis allé à Boulogne sur mer, lieu de décès du Général San Martin en exil. Et des années plus tard je me rendis sur son lieu de naissance à Yapeyu. Il me reste à aller à Brunoy où Il fut enterré pendant 18 ans avant que ces restes ne fussent rapatriés. Un jour je trouverais la force de me rendre sur la tombe de mon grand-père… peut-être.

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Français par intérim II

admin | 30 juillet 2010

Il y a quelques mois j’écrivais un premier article intitulé « Français par intérim ». Il commençait ainsi:  »

Un jour, pas si lointain que cela – moins d’un an – devant une certaine accumulation de « contrariétés » je craquais. Je me mis en une rage folle .  Il fallait que cela sorte. Cela sortit. Après, le calme revint. Enfin, n’exagérons rien. Cela revint comme avant.

Les causes « légitimes » tant soit-il qu’il y en ait pour se mettre en pareil état, ne manquaient pas. Mais dans la logorrhée qui accompagna cette rage, sortit le cœur du problème: « je n’ai pas d’avenir en ce pays, je suis dans l’impasse ». « Tu verras » dis-je à ma compagne, des bons et mauvais jours, consolatrice des quelques chagrins émaillant nos vies, et source de tous les bonheurs qui l’agrémentent, « ce qu’ils veulent c’est pouvoir « nous » retirer la nationalité ». « Nous » : à Evita et à moi. »

A l’époque on en voulait après les polygames. Aujourd’hui ce sont les assassins de policiers. Mais ce qu’on banalise est la réversibilité de l’octroie de la nationalité française.

Cette idée est dans le programme du front national. Depuis longtemps. Bien sur on s’en prend d’abords aux délinquants et aux criminels. Ensuite ce sera quoi? Une infraction au code de la route? Une injure au président de la république? A l »heure où j’écris à ne pas en douter Hortefeux a du faire revenir son cabinet de vacances pour fouiller le passé de la mère octoinfanticide . Si elle avait seulement pu avoir un peu de sang belge au moins.

Le pire de tout cela c’est que ça nous rabaisse tous. Ce gouvernement a travers ses propos contre les sans papiers, les gens du voyage, les Rroms, ne cesse d’attiser la haine. Il nous entraine à notre esprit défendant dans les bas-fonds de la pensée. Voilà que je me surprends moi même à penser que c’est Nicolas qu’il faut déchoir de la nationalité, pour haute trahison à l’histoire de la France, patrie des droits de l’homme. Le premier acte de cette trahison de la République fut accompli lorsqu’il qualifia de droits de l’hommistes ceux qui s’opposaient à sa politique du discours sécuritaire et de l’inaction permanente. Voilà que notre cerveau nous fait remarquer qu’il a épousé une étrangère.

Je me sens si sale.

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Reprise

admin | 13 juillet 2010

Ce long silence à quatre raisons.

La première c’est la coupe du monde. J’avais un instant songé à l’instar de ce que font quelques brillants blogueurs, à opiner, ici,  sur le foot. Histoire de réaliser un des deux rêves de tout argentin: commenter le foot (l’autre étant d’y jouer…). Mais le bruit qui ‘en France a été fait autour des bleus, couvrant jusqu’aux vuvuzelas, avait de quoi me décourager. J’ai préféré me taire, essayer de m’intéresser au foot, et eviter de me voir gâcher « ma » coupe du monde par tous ces experts. Au final, malgré les bleus, malgré la FFF, malgré les commentateurs, malgré les polémiques, « ma » fête n’a pas été gâchée. Bien loin du triste souvenir que m’avait laissé la coupe du monde asiatique, et ayant pu peu suivre la coupe du monde en Allemagne, j’ai satisfait pleinement cette fois mon retour en enfance.

Bonheur des bonheurs j’ai partagé quelques mi-temps avec Evita et sa découverte de cet étrange monde, et la prise de conscience plus accentuée ( :-) ) de son appartenance à plusieurs cultures. Assis à coté d’elle devant un match, je n’étais pas son père, je me sentais son – à peine plus – grand frère. Je me rappelais, quand je découvris les règles du foot au cotés de mon grand père… lui aussi un grand enfant devant les match….  Je me souvenais aussi des matchs regardé avec mon père. C’est lui, le philosophe, qui m’apprit à me laisser aller devant un match de foot, à crier sans retenue la joie toute simple devant un but de l’équipe qu’en début de match on a décidé de soutenir.

Le foot c’est important. Ce n’est pas une passion. En tout cas elle ne dure chez moi qu’un mois tous les quatre ans. Mais je respecte les passionnés de foot qui vibrent devant un match comme je tremble lors des soirées électorales. Qui en veulent à un joueur ou à une équipe, comme je peux en vouloir à un Besson, ou à un parti. Et rien ne m’irrite plus que ces personnes méprisantes pour les « footeux » et aveugles devant leur propre irrationalité dès lors qu’il s’agit de « leur » passion, fut-elle la politique. On croit toujours que sa propre passion est plus propre, plus saine, supérieure à celle des autres.

La deuxième raison tient à la période. J’ai beau avoir quitté depuis longtemps l’école, on vit toujours en France au rythme de l’année scolaire. Et le mois de juin est un mois de transition, avant un période estivale terriblement longue d’inertie. Ceci ne favorise pas le temps de la réflexion ni l’écriture. Juin est le moment du bilan de l’année écoulée, le moment de se questionner sur l’avenir, etc.

Et voilà qu’un incident technique survient le 1er juillet me privant de l’accès à mon blog. Il fallut 13 jours pas moins pour résoudre le problème, me replongeant dans les délices de la gestion du serveur. Une chose est sure, si j’ai encore de bons réflexes dans le domaine, je n’ai nulle envie de retourner à la profession d’administrateur réseau… ça ne me manquait pas…

Cette ensemble d’évènements entraina inévitablement un certain « aquoibonisme ». C’est mon frère Jorge qui me sortit ce matin de la léthargie en nous envoyant un projet de tribune. Je le reproduirai ici assurément quand il l’aura bouclé, s’il m’y autorise.

C’est reparti donc pour une année de blog!

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De Dora au bus magique

admin | 28 mai 2010

Je reprends le fil de mon post de hier. Je ne suis pas un meilleur père qu’un autre. La télé est de facto une nounou de ma fille. La tranquillité apparente qu’offrent les chaînes pour enfants (du moins tant qu’ils ne savent pas changer de chaîne) se heurte aux publicités critiquées hier. Le prix à payer de cette tranquillité est que la société de consommation est inculquée à nos enfants, c’ est un prix trop cher à payer pour la tranquillité offerte.

Mais ce n’est pas tout. La manipulation des esprits infantiles peut aller assez loin. Ainsi prenons l’exemple de Dora. Dora est censé enseigner aux américains anglophones l’espagnol. Dora se trouve donc là-bas au milieu de la polémique sur l’immigration clandestine. Sondages à l’appui: ainsi pouvait-on lire il y a quelques jours: « 62% des personnes enquêtées sont prêtes à interdire leurs enfants du dessin animé Dora s’il s’avère que Dora est entrée illégalement aux États-Unis. »

Passons rapidement sur l’absurdité tant de la question que de la réponse. Mais voyons ce qu’est devenu Dora une fois l’atlantique passée: voilà que cette hispano est censée enseigner à nos chères têtes blondes… l’anglais. Dans quelle tête a bien pu naître cette idée débile? Je suis curieux de connaître les tenants et les aboutissants qui ont conduit à nier l’origine latino de Dora et à prendre le contre-pied de sa « fonction » originelle.

Au final de tous les dessins animés vus avec (ou sans – j’ai jamais eu besoin d’alibi) les pires sont biens les dessins prétendument éducatifs. Je suis certain que le label éducatif fait baisser la garde au plus attentif des parents.

J’ai regardé avec Evita, le bus magique. Cela portait sur le sport, on y expliquait comment fonctionnaient les muscles et le fait qu’ils avaient besoin d’oxygène et que s’ils n’avaient pas d’oxygène on avait des crampes. Accessoirement on expliquait qu’une femme moins entraîné et moins musclée pouvait battre un homme musclé ne sachant pas faire travailler ses muscles en équipe avec ses poumons et son cœur.

A aucun moment on n’évoqua le glycogène ni le fait que les muscles fournissent un effort pouvant être relativement long, en anaérobie… Trop compliqué? Certainement. De mémoire j’ai appris tout cela au lycée en cours de sciences naturelles. Et jusque là mon prof de sport m’avait expliqué (les rares fois où il me vit) qu’il fallait pour produire un effort fournir au muscle de l’oxygène donc bien respirer et du sucre donc correctement se nourrir, et qu’il fallait s’entrainer pour apprendre à bien gérer tout ça. Ce qu’il m’avait dit était simple, complet et vrai, même si cela ne me convainc nullement de m’adonner à quelque sport que ce fut (hors tennis de table mais que je considérais comme un loisir…)

Si c’est trop compliqué pour Evita pourquoi lui donner une information incomplète donc inexacte? Sous prétexte de rendre l’enseignement ludique est-il indispensable de fournir des informations partielles pouvant créer des convictions fausses dans l’esprit des enfants? Pourquoi les auteurs de dessins animés « éducatifs » ne tiennent-ils pas compte des raisons qui conduisent les pédagogues à établir des programmes et une progression dans l’acquisition des connaissances en fonction de l’âge des enfants?

Peut-être parce que les enfants sont les cadets de leur souci, que l’objectif est de donner bonne conscience aux parents qui utilisent la télé comme nounou et pensent aider ainsi leur enfants à progresser plus vite qu’en prenant le temps de faire découvrir le monde aux enfants. Nous adultes qui rêvons qu’apprendre soit pour nos enfants un plaisir, un loisir et non le fruit d’un effort considérable.

Je ne pense pas qu’on apprenne en s’amusant, ni que la notion d’effort puisse être dissocié de l’acquisition de connaissance, pas d’esprit critique sans souffrance. Plaignez ma fille, elle vit ses derniers mois d’insouciance…

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De la pub!

admin | 27 mai 2010

Je n’ai pas pris l’habitude de commenter ici la vie interne du parti auquel j’adhère. Je vais, pour une fois, un peu déroger à la règle, pour parler d’un « cavalier » qu’une section tenta de faire passer lors du débat de la convention fédérale sur le texte pour un nouveau modèle économique, etc.

Il s’agissait d’un amendement pour interdire toute publicité sur le service public de télévision. J’utilise le mot « cavalier » en référence évidement aux « cavaliers législatifs », ces amendements qui surgissent plutôt le soir et qui visent à introduire dans une loi une disposition qui a peu à voire avec l’objet du débat en cours et qui mériteraient un texte spécifique donc un débat dédié.

La question de la publicité pose en effet plusieurs problèmes dont certains ont peu à voir avec le nouveau modèle économique, ou en tout cas nécessitent un débat sérieux, argumenté,  pouvant aboutir sur des propositions et des alternatives pour le paysage audiovisuel actuel, autant de conditions qu’une convention fédérale en Essonne ne réunit assurément pas.

La droite a supprimé la publicité le soir dans la télévision publique, on le sait de manière assez claire uniquement pour que la manne publicitaire se reverse sur les chaines privées et en particulier sur TF1, en cette période de crise financière à venir cette décision s’imposait… aux yeux des amis des dirigeants de TF1. J’ai voté contre cet amendement parce la suppression de la publicité sur les chaînes publiques c’est la mort du service public de télévision par étouffement, parce que faire reposer leur financement sur une taxe minime sur les recettes publicitaires et surtout sur la redevance est injuste fiscalement.

Pour autant la question mérite débat entre socialistes, et donc au-delà. En effet ce sont des socialistes au pouvoir qui avaient imposé les coupures publicitaires sur France 3.

La question renvoie donc au modèle économique, quels financements pour la télévision publique, y-a-t-il une place dans le paysage audiovisuel pour une télévision publique? Quelle valeur ajoutée la télévision publique peut-elle apporter?

Mais la question n’est pas qu’économique, se pose la question de la place de la télévision dans notre société. Je ne regarde pas plus TF1 que France 2 et au quotidien je ne fais guère la différence. Je ne choisis pas une chaîne mais un programme. En fonction de notre humeur, après une journée de boulot. On a toujours une série sous la main sur dvd pour regarder (en ce moment l’intégrale columbo) au cas où malgré la multiplicité des chaînes il n’y ait « rien » à voir.

Personnellement ce n’est donc pas sur les chaînes publiques que la publicité me dérange. Je suis adulte, vieillissant et ces pubs sont les bienvenues pour ma vessie.

Si je devais être contrela publicité ce serait contre toute publicité, celle qui envahit nos écrans, quelque soit la chaine, mais davantage encore celle qui envahit les murs de nos villes, de nos transports en commun… Lorsqu’il y a une pub sur mon écran, je peux zapper, aller dans une autre pièce, éteindre. Lorsque je conduis, ces messages sont partout. (J’en profite pour indiquer à mes camarades qui me répètent que l’affichage électoral ne sert à rien, que je cesserai de coller lorsque les publicitaires en feront de même… là je commencerai à croire à inefficacité de cette action militante (de même pour les boitages)…, et j’en profite pour dire à mon maire que je cesserai le collage sur des endroits non prévus à cet effet lorsqu’il aura disposé des panneaux d’affichage libre sur la commune ou banni la publicité marchande de nos rues)

En tout cas, pour revenir à la télévision, s’il fallait supprimer la publicité quelque part prioritairement, ce n’est certainement pas le soir sur les chaines publiques, mais sur toutes les chaines aux heures de diffusion d’émissions pour enfants.

Le matin, le mercredi après-midi, le week-end sur la plupart des grandes chaines, nos chérubins sont inondés de messages publicitaires sans parler des chaines dédiées aux enfants. Messages bien pensés, attractifs, plus encore que pour les adultes, vantant jouets, parc d’attractions et surtout gourmandises de toutes sortes, provoquant outre le désir d’achat, une envie de grignotage « devant la télé ». Il sera aisé à tout parent de comparer l’effet des pubs pour les céréales et autres produits néfastes pour la santé de nos enfants et des messages de bonne conscience pour al consommation de 5 fruits et légumes par jour…

On me rétorquera, en me renvoyant mes propres arguments cités plus haut, que si on interdit la pub, l’offre de programmes pour enfants se réduira et qu’aucune chaîne pour enfant privée ne pourra survivre… Oui c’est vrai! Et alors?

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tchao tchao billy

admin | 19 mai 2010

Cela devait être en 1977. En Allemagne. Je partais de chez un ami d’école en lui disant à demain. Il me dit avec enthousiasme  « ach nein, Morgen frühstücken wir in Ikea ». Me voyant intrigué, la mère de mon ami me proposa d’aller avec eux.

Et là je découvris pour la première fois Ikea. Son monde merveilleux d’intérieurs aménagés.J’appris des mots comme Design et surtout je fus fasciné par l’idée d’aller dans un magasin de meubles pour y petit-déjeuner! Au milieu du magasin, le « restaurant » avec indiqué « saumon fumé à volonté pour toute formule ‘petit-déjeuner scandinave’ « . Moi qui n’arrive même pas à avaler ne serait-ce qu’une tartine au petit déjeuner, vit quelques saumons engloutis par mes amis…

Depuis il n’y a pas eu une année sans que j’aille deux ou trois fois par an chez Ikea, non pour y manger, mais pour acheter « bêtement » des meubles, des ustensiles de cuisine, etc.

Ikea me prit ce jour là dans ses filets. J’adore cette ambiance, et le passage chez Ikea a souvent égayé jusqu’au plus triste de mes déménagements. Je fus aussi un grand promoteur d’Ikea et de sa clef magique auprès de mon père, de mes amis. Selon les mètres carrés en plus ou en moins disponibles dans la douzaine de logements occupés au cours des dernières années. Ils étaient tantôt démontés et rangés dans un coin, tantôt j’allais ajouter une extension avec cette sérénité que vous procure le fait qu’Ikea assure la longévité de ses modèles.

La star familiale étant évidemment la bibliothèque Billy! Elle a 30 ans – autant dire qu’elle a toujours existé. Déclinée en 40, 60 et 80 cm, bibliothèque d’angle, surhausses, meubles à cd, transformables en vitrines. Le bonheur de tout Ferrari qui se respecte et surtout de ses livres. La modularité permettant de s’adapter à tous les caprices architecturaux. Et lorsque les aléas de la vie ont conduit mon père ou moi à sacrifier les bibliothèques à leur contenu, dès que le vent était de nouveau un peu favorable, on voguait vers Ikea se ré-équiper en … Billy bien sur!

Jusqu’à ce funeste 14 mai.

Là je découvris que Billy était amputé de ses 60cm et de son modèle d’angle (et le fait que mon exemplaire soit désormais collector ne me console guère). En effet non seulement elles n’existent pas mais tout ce qui permet de poursuivre leur croissance est abandonné…: plus de bibliothèque, plus de rehausse, plus de tablettes… Voilà donc mes deux bibliothèques de 60 et ma bibliothèque d’angle contraintes de voir leurs sœurs de 80 et 40 chatouiller le plafond et elles de rester la tête enfoncée dans les épaules… Avec un peu d’imagination, et en sacrifiant à l’esthétisme on réussit à élever les 60 mais pour la bibliothèque d’angle…

Cette contrariété passée, je poursuivis l’acquisition de meubles pour accueillir les BD expulsées du salon/bibliothèque vers la  chambre pour laisser place à Heidegger, Hegel, Marx et autres Habermas…

Puis vint le moment de passer en caisse. Et là stupeur! Alors que l’on avait réussi à se garer sans trop de mal, qu’on circulait sans encombre dans le magasin, d’interminables queues aux caisses. A toutes les caisses, que nenni… En fait les quelques caisses grands volumes et les caisses handicapés/femmes enceintes étaient prises d’assaut tandis que nous tendaient les bras des dizaines de caisses automatiques!

Argh! Je m’étranglais. Faisant fi de mes principes, écoutant la voix d’un jeune insolent de mes amis (« c’est le progrès, ne le refuse pas ») je m’y engage. 15 objets maximum. Ma chère et tendre prend un caddy et passe dans une des caisses automatiques, je m’engage dans une autre. Je scanne non sans contorsion mes 11 objets. Me demandant si j’aurais une réduction pour faire le travail à la place des trois caissières manquantes (pour chaque ilot de 4 caisses, il demeure à ce jour une caissière chargée de former les clients à son métier). Je jette un œil à l’écran de contrôle et me regarde en train de faire le caissier. Je vérifie trois fois que je n’ai rien oublié.

Maugréant je quitte cette caisse, cherchant en vain des yeux où est la compta pour aller chercher ma paye, lorsqu’un homme m’interpelle. Sur son bras un brassard indique « Securitas ». « Mettez votre chariot sur le coté, donnez moi votre ticket de caisse, contrôle! »

Je l’avais écrit, Ikéa l’a fait. Me voici donc traité dans un magasin comme un voleur. Au lieu du « merci de votre visite, à bientôt » ou encore « vous avez la carte Ikea family, si vous venez souvent vous devriez la prendre », j’entends d’un ton menaçant : » Il n’y a que 7 objets vous en avez scanné 11 où sont les autres? » (en plus de me prendre pour un voleur il me prend pour un con, j’aurais scanné plus d’objet que je n’en ai pris…)

Interloqué par l’agressivité avec laquelle on traite désormais le client « roi » je reste aussi bouche bée que lorsqu’il y a quelques années j’ai croisé Pierre Arditi. Ma compagne intervient « Dans mon chariot, ils sont là! » d’un ton sans appel. Quand on embête son chéri, elle peut donner des cours de mal amabilité au pire des vigiles.

Monsieur Securitas, la regarde et répond juste un « c’est bon, allez-y ».

Quelques mètres plus loin une jeune fille interroge les clients sur leur niveau de satisfaction. Elle fut servie. Mais évidemment le niveau de notre mécontentement ne rentrait pas dans les cases de son questionnaire et elle ne retint rien de notre remontrance, pressée de passer à la cliente à priori ravie qui nous suivait et ne fut pas l’objet d’un contrôle  …

L’honnêteté, m’oblige a dire que le lendemain je revins chez Ikéa. Accompagné du jeune insolent précédemment cité. Au cas où je serai contraint de passer de nouveau en caisse automatique, pour m’éviter une nouvelle humiliation, je le laisserai passer avec son air ch’ti en caisse…

J’achetais les quelques meubles manquants, de l’expedit désormais,  pour ranger les 10 cartons de dossiers et les cours de mon père dans mon bureau…  et le passage en caisse put se faire à l’ancienne… au grand dam de l’intoxiqué d’insolent pressé d’aller fumer.

J’y retournerai même une dernière fois, dans quelques mois. Après avoir listé tout ce dont j’ai besoin chez Ikea, que j’avais laissé pour des jours meilleurs, en comptant sur leur fidélité à leurs séries de meubles. J’irai sans ma fille qui n’a pas besoin de voir son père traité en voleur.  Et puis ce sera adieu Ikea.

Toutautomatix à la sauce scandinave m’est décidément aussi peu digeste que du saumon à huit heures du matin.

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Au nom du peuple

admin | 18 mai 2010

Véronique Courjault a été libérée « en toute discrétion ». Kouchner n’ayant pas fait un communiqué on peut penser que ce n’est pas une concession au régime Iranien.

Il y aurait beaucoup à écrire sur cette affaire. Sur son traitement par les médias. Ou plutôt sur la manière particulière de traiter cette affaire, y compris ces jours-ci et la manière dont d’autres affaires impliquant des très jeunes enfants sont traitées par les médias. A ne pas en douter cela sera fait. A minima dans quelque université, comme sujet de maîtrise…

Ce qui m’amène à me pencher sur le sujet aujourd’hui ce sont les déclarations d’un de ses avocats: il s’agit-là «d’une procédure tout à fait normale avec des délais classiques», a-t-il déclaré sur France Info.

Mme Courjault a été incarcérée en octobre 2006, son procès a eu lieu en 2009. Le 18 juin elle est condamnée à huit ans d’emprisonnement. Elle sort libre en mai 2010. Donc elle aura effectué 3 ans et demi de détention.

Le problème c’est que Maître Leclerc semble dire vrai. Il s’agirait là de « délais classiques ».

Comment veut-on que le système judiciaire soit crédible? Trois ans pour être jugée, moins de 12 mois pour sortir libre d’une peine de huit ans? Je prends délibérément ce cas, parce qu’il est moins exploitable de manière populiste. Un sans papier suscite moins de compassion qu’une mère triple infanticide.

Ne nous trompons pas. Je ne pense pas que la place de Mme Courjault ait été en prison. Je ne pense pas que la peine de prison lui ait permis de se ressourcer, de comprendre la portée de ses gestes. Je ne pense pas que les prisons, même en France, soient les lieux rêvés pour une introspection, pour apprendre à se connaître.

Je ne pense pas non plus, surtout, que Mme Courjault ait été un danger pour la société. Probablement Mme Courjault relève de tout autre chose que de la prison. Comme beaucoup de prisonniers d’ailleurs.

Mais alors pourquoi l’y avoir envoyée? Pourquoi le procureur général a-t-il sollicité 10 ans de réclusion? Pourquoi a-t-elle été condamnée à huit ans, et pourquoi fut-elle alors libérée après avoir effectuée moins de la moitié de sa peine? Les réponses à ces questions n’ont évidemment rien à voir avec le traitement médiatique des « faits divers », ni avec le populisme ambiant qui conduit de plus en plus de personnes en prison alors que leur place serait dans d’autres types de structures.

Au-delà de ces interrogations reste un problème de principe et de crédibilité de la chose jugée. Alors que ce fut toujours critiqué et dénoncé je le dis tranquillement, je préfère de loin le système des grâces présidentielles, ou un élu du peuple revient sur un décision prononcée au nom du peuple à celui qui laisse des médecins et magistrats nommés décider de la libération anticipée d’un prisonnier condamnée au nom du peuple, pour des raisons qui ont peu à voir avec le crime commis …

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Démocrate ou Républicain ?

admin | 11 mai 2010

J’ai sur facebook quelques amis, que connaissant dans la vie réelle j’ai plaisir à taquiner. L’un d’entre eux est ou fut je ne sais plus à force, membre du modem.

« Partageant » un lien vers un article de La Paix Maintenant et intitulé Juifs de gauche du monde entier, unissez-vous. Cette connaissance commenta de la sorte: « Pas seulement les Juifs... » suivi un échange à fleuret moucheté sur sa non appartenance à la gauche qui déboucha sur l’échange suivant:

Lui: « Je suis Républicain, Démocrate, Libéral, Écologiste, Anticolonialiste, Interventionniste économiquement, je défends un modèle social fondé sur la Justice et un fiscalité au service de l’intérêt général. »

Moi: « ça doit être pratique d’être presque tout »

Lui:  » Tu trouves des éléments contradictoires peut-être ? Je suis prêt à en débattre :)  »

Moi: « républicain et démocrate déjà… »

Lui, perdant quelque peu de son flegme : « !!! Alors là il faut m’expliquer !!! En quoi un défenseur du système républicain ne peut pas être un démocrate. Je m’attendais à être coincé sur le Liberal/Social… »

L’échange se poursuit toujours aussi amicalement. Je lui signifiais qu’il n’était guère agréable de croire que je serai tombé en aussi grossier piège. Mais entretemps me revint en mémoire que j’avais rangé quelque part parmi les 35 articles en attente de ce blog cette tribune que Régis Debray avait publié dans le Nouvel observateur du 30 novembre 1989 suite à la première affaire de voile. Le Républicain français dans toute sa splendeur intitulait sa charge contre les démocrates : « Êtes vous démocrate ou républicain? »
Je vous en recommande la lecture, malgré mon désaccord. (Décidément, Jean-Luc avait raison, je suis un incorrigible Démocrate :-) ).  La démonstration est excessive et rend inutile toute tentative de réponse. Elle a pourtant du exister, il m’agréerait de la lire… :

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Un peu de respect!

admin | 11 mai 2010

La première fois c’était à Toulouse. Des camarades âgées se lamentaient que les jeunes ne les aident jamais à fleurir les plaques disséminées dans la ville rose aux endroits où les résistants étaient tombés. Je pris donc un escabeau, le seau de fleurs et me voilà avec trois autres personnes parti pour un cours d’histoire unique à travers les rues du Toulouse résistant.

Depuis que je suis assistant parlementaire je participe à des commémorations dans le cadre de mes fonctions, partout dans la circonscription et du coup jamais dans ma commune: Champlan. Les socialistes, quasiment depuis la création – récente – de la section y assistent au moins à celle du 08 mai.

Le choix des dates est important. Il doit faire sens pour aider à la transmission des connaissances et des émotions et forgent la mémoire d’un peuple.

Prenons le 14 juillet 1789, tout français, tout habitant de ce pays, tout amoureux de la culture française et tout connaisseur de la révolution française dans le monde connait cette date et sait à quoi elle correspond, ce qui a conduit à choisir le 14 juillet. Ce qui conduit 221 ans après à la célébrer partout… ou presque… Champlan depuis trop longtemps s’en dispense.

Les commémorations se multiplient se concentrent et perdent progressivement de leur force. Je ne suis pas favorable à la multiplication à l’infini de ces dates. L’histoire de l’humanité depuis 4000 ans pourrait susciter bien des dates. L’école doit être et rester le lieu privilégié de la transmission historique. Non pas une simple transmission fait d’apprentissage de dates et de noms (plus ou moins) propres. Non elle doit amener à une véritable réflexion, à une compréhension réelle de la marche de l’humanité. Mais cette transmission de notre mémoire ne saurait se cantonner à l’école. Il est parfois besoin de communier pour créer un échange entre les générations vivantes et celles disparues. On doit regretter l’absence des enseignants et des élèves de ces cérémonies dans la plupart des villes, et il incombe aux maires faute de pouvoir imposer à tout le moins d’inviter et inciter enseignants, élèves et parents à y participer.

La plupart des commémorations concernent des guerres (le 14 juillet 1789 faisant plutôt figure d’exception sur le fond comme sur la forme). Ou plutôt la fin de guerres vécues et transmises par les contemporains comme terribles tragédies.

Elles concernent pour la plupart le peuple français touché dans son ensemble, et la date renvoie à un moment fort de la mémoire collective des contemporains  (11 novembre, 8 mai, 25 août) ou que l’histoire officielle a élevé au rang de souvenir de tous (18 juin).

Aucune de ces commémorations officielles ne renvoie à la date du jour où fut pris le décret ou votée la loi décidant de commémorer. S’il en était ainsi on célébrerait la libération le 07 mai au mieux (date de l’adoption de la loi de 1946 instaurant la commémoration le 08 mai si c’est un dimanche, ou le dimanche suivant) ou pire le 20 mars (date de l’adoption du 08 mai comme jour férié…)

Absurde? Bien sûr.

Pourtant c’est ce qui s’est passé dans ce pays récemment.

La loi no 2001-434 du 21 mai 2001 (publiée au J.O n° 119 du 23 mai 2001) tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité dite Loi Taubira stipule en son article 5 : « En France métropolitaine, la date de la commémoration annuelle de l’abolition de l’esclavage est fixée par le Gouvernement après la consultation la plus large ; »

3 ans plus tard, sort enfin un décret d’application.  Le décret du n°2004-11 du 05 janvier instaure un « Comité pour la mémoire de l’esclavage » composé de personnalités[i] chargé notamment « de proposer au Premier ministre la date de la commémoration annuelle, en France métropolitaine, de l’abolition de l’esclavage, après avoir procédé à la consultation la plus large ». Dans son rapport le comité propose la date du 10 mai au gouvernement. C’est la date de l’adoption par le sénat (adoption définitive) de la loi Taubira.

Le comité explique sa proposition qu’ainsi au travers des sénateurs on rend hommage au travail des descendants des esclaves (sic) et surtout que compte tenu du caractère universel du concept de « crime contre l’humanité » il ne faut pas associer la commémoration à une événement national ou géographique spécifique, et qu’une date hors contexte doit permettre de commémorer l’ensemble de la traite et de l’esclavage. Entre la sortie du décret et l’adoption de la loi, bien de choses se sont passées en France. Bien des dates sont à retenir:

Le 21 avril 2002, les émeutes de février 2004 dans les banlieues et au moment où le comité réfléchit l’adoption par le sénat de la loi du 23 février  Bref selon le comité, qui propose après les émeutes de février 2004 des banlieues françaises et après l’adoption par ce même sénat de la loi du 23 février sur le rôle « positif » des colonies. Oui bien des choses ont changé. On reviendra sur la loi et il faudra bien « réhabiliter » le sénat…

Ces arguments ont été rejetés par un grand nombre d’associations antillaises et d’associations de descendants d’esclaves. Ils considèrent que cette date consacre les abolitionnistes mais ne commémore pas les victimes. D’autant que certaines associations (dont certaines très actives) considérèrent que cette loi ne va pas assez loin puisqu’elle désigne les victimes d’un crime contre l’humanité sans désigner les auteurs…

A maintes reprises le parti socialiste par des communiqués ou des prises de positions de Victorin Lurel (député de Guadeloupe et secrétaire national à l’outre-mer du PS) s’est exprimé en faveur du 23 mai. Pourquoi cette date pour commémorer l’abolition en France?

Le 22 mai 1848 le gouverneur de Martinique proclame l’abolition de l’esclavage suite à l’insurrection des esclaves. Le 23 mai 1848 est donc le premier jour de liberté pour les esclaves martiniquais. Le 23 mai 1998, 300 associations antillaises appelèrent à une manifestation silencieuse, qui réunit 40000 personnes à Paris. C’est ce qui avait amené à choisir délibérément le 23 mai 2001 pour la publication au journal officiel de la loi Taubira..

Bien sûr on peut-être tentés de se dire que l’essentiel est qu’on commémore peu importe quand, comme semble l’avoir fait Taubira elle-même en finissant par prendre position pour le 10 mai, le parti socialiste lui même se résigne même et pire dit dans un communiqué que « la journée du 10 mai commémore l’anniversaire de  l’abolition de l’esclavage » mais pire souhaite que la date du 23 mai soit aussi pleinement reconnue. On aurait donc si on en croit ce communiqué à l’avenir deux dates à 15 jours de distance pour commémorer l’abolition de l’esclavage ? Absurde.

Mais passons sur ce communiqué bâclé,  qui espérons le sera vite oublié. J’espère en effet qu’on trouvera rapidement après le changement que j’appelle de mes voeux en 2012 un accord avec les associations pour proposer une date qui commémore la souffrance infligée aux esclaves et salue leur combat victorieux pour imposer aux colonisateurs l’abolition.

Par là même on permettra au peuple français de se souvenir, de penser, d’échanger, de comprendre ce qui s’est passé durant ces siècles sombres. De penser aussi à l’esclavage sous ses formes contemporaines. Or en choisissant une date qui dans la mémoire du peuple français – et pas seulement de gauche – et des journalistes  fait sens pour une toute autre raison que l’abolition de l’esclavage on ne permet pas à la commémoration de remplir pleinement son rôle. Le 10 mai en effet est pour le meilleur ou le pire associé par les Français à la victoire de François Mitterrand en  1981. Pendant encore longtemps, les journalistes, les commentateurs, associeront cette date d’abord à cet évènement davantage que l’adoption par le sénat de la loi Taubira et par (une curieuse) extension la traite et à l’esclavage. On montre au contraire son mépris et le caractère subalterne de cette commémoration par rapport aux autres.


[i] Maryse Condé, Françoise Vergès, Nelly Schmidt, Christiane Falgayrettes-Leveau, Henriette Dorion-Sébéloué, Marcel Dorigny, Gilles Gauvin, Fred Constant, Claude-Valentin Marie, Serge Hermine, Jean-Godefroy Bidima, Pierrick Serge Romana

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14 juillet, abolition, Champlan, commémoration, esclavage, parti socialiste, taubira, Toulouse, traite
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